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L’organisation d’une mission d’audit

Au coeur de la communication financière, les états financiers sont le moyen d’information et de perception essentiel des actionnaires, des banquiers et d’autres tiers tels que l’administration fiscal, les partenaires…

L’opinion donnée par l’auditeur va accroître donc la crédibilité de cette information financière ainsi que leur utilité.

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Introduction

Section I- les différents types de risques d’audit

I – Le risque inhérent (Inhérent risk)

1 – Risque généraux liés à l’entreprise

2 – Risques liés à la nature des opérations traitées

II – le risque de non contrôle

III – Le risque de non détection

Section II- l’organisation d’une mission d’audit

I – Prise de connaissance globale de l’entreprise

II- l’évaluation des procédures de contrôle interne

III- le contrôle des comptes

Conclusion

Introduction

Au coeur de la communication financière, les états financiers sont le moyen d’information et de perception essentiel des actionnaires, des banquiers et d’autres tiers tels que l’administration fiscal, les partenaires…

L’opinion donnée par l’auditeur va accroître donc la crédibilité de cette information financière ainsi que leur utilité.

Certes, pour la satisfaction des besoins des utilisateurs et pour fournir une information financière de qualité, l’auditeur va suivre une démarche bien précise résultante des expériences de professionnel en la matière afin de minimiser les risques d’erreurs. En effet, la présentation de son opinion va engager sa responsabilité si celle-ci est fausse.

Ainsi dans suit on va chercher en premier lieu à examiner et connaître les différents types des risques d’audit (section I) et en deuxième lieu, on va jeter un coût d’oeil sur l’organisation d’une mission d’audit (section II).

Section I- les différents types de risques d’audit

Avant de présenter les différents risques étudiés dans cette approche d’audit, il est nécessaire de présenter une définition bien spécifique sur la notion du risque.

Ainsi, la recommandation international n° 25, « Importance relative et risque d’audit », de l’International Fédération of Accountants (IFAC), définit le risque d’audit de façon suivante (paragraphe9) :

« Le risque d’audit est le risque qu’un auditeur puisse exprimer une opinion inappropriée sur une information financière comportant des inexactitudes significatives ».

Pascal Simon définit le risque d’audit comme suit :

« Le risque d’audit peut être défini, à mon sens, comme le risque que des erreurs ou irrégularités n’aient pas été détectés après l’accomplissement de l’audit et que ces erreurs ou irrégularités affectent de manière significative les comptes certifiés »[1].

Certes, lors de la planification de l’audit, l’auditeur doit évaluer le risque qu’une fraude ou qu’une erreur conduit à des anomalies significatives dans les états financières et doit interroger la direction sur toute fraude ou erreur significative qui aurait été détecté[2].

Ajoutant que la norme I.S.A 240 définit la fraude comme « un acte volontaire commis par une ou plusieurs personnes faisant partie de la direction ou des employés, ou par des tiers, qui aboutit à des états financières erronés ».

L’erreur, selon l’I.S.A 240, est définie comme une inexactitude involontaire contenue dans les états financières telle que :

o Une erreur mathématique dans les documents et les donnés comptables.

o L’omission ou l’interprétation incorrecte de faits.

o L’application incorrecte de politique d’arrêter des comptes.

De manière générale, s’il existe de très nombreux risques d’erreurs, ils n’ont pas tous la même probabilité de se réaliser. On distingue généralement :

o Les risques potentiels : ces risques sont théoriquement susceptibles de se produire si aucun contrôle n’est exercé pour les empêcher ou détecter et corriger les erreurs qui pourraient en résulter, ces risques sont communs à toutes les entreprises.

o Les risques possibles : ces sont les risques potentiels contre lesquels une entreprise donnée ne s’est pas dotée de moyens pour les limiter. Il existe alors une forte probabilité que des erreurs se produisent et ne soient ni détectées, ni corrigées par l’entreprise. Ce sont ces risques possibles que l’auditeur va s’efforcer de recherche tout au long de sa mission[3].

DANIELLE BATUDE propose les différentes origines possibles de risque ; Ainsi il suggère :

o Qu’ils peuvent être liés au secteur d’activité dans lequel l’entreprise exerce son activité.

o Qu’ils peuvent être attachés à l’entreprise elle même.

Enfin, qu’ils peuvent dépendre de la nature des opérations traitées par l’entreprise[4].

L’I.FAC distingue trois composantes du risque d’Audit à savoir : o le risque inhérent.

o Le risque de non contrôle.

o Le risque de non détection[5]

I-Le risque inhérent (Inhérent risk) :

On peut définir le risque inhérent comme étant « le risque qu’un solde de compte ou une catégorie d’opérations puisse renfermer une inexactitude qui, seule ou ajouté à des inexactitudes présentes dans d’autre soldes ou catégorie, pourrait être significative à supposer qu’il n’y ait pas de contrôles internes s’y rapportant. Ce risque est lié aux activités de l’entité, à son environnement et à la nature du solde de compte ou de la catégorie d’opérations concernée »[6]. Certes, ce risque peut être décomposé en deux risques à savoir :

o les risques généraux liés à l’entreprise.

o Les risques liés à la nature des opérations traités.

1 – Risque généraux liés à l’entreprise :

Il s’agit des risques qui sont de nature à influencer l’ensemble des opérations de l’entreprise.

Chaque entreprise, selon le secteur dans lequel elle opère, sa structure et son organisation, possède des caractéristiques qui lui sont propres et qui rendent plus ou moins probables la concrétisation de ces risques potentiels. Pour contrôler une entreprise, l’auditeur doit donc identifier les risques qui la distinguent des autres. Ainsi, l’auditeur va se documenter sur l’activité de l’entreprise et sur son secteur d’activités. Il devra également se renseigner sur l’organisation et la structure de l’entreprise[7].

2 – Risques liés à la nature des opérations traitées

Ce risque représente la possibilité qu’un compte ou un flux de transaction d’être erroné de façon significative.

On peut distinguer les données saisies en comptabilités en trois catégories. Chacune est porteuse de risques particuliers :

o Les données répétitives : elles résultent de l’activité habituelle de l’entreprise ; achats, ventes, salaires…. Elles sont traitées de manière uniforme en fonction des systèmes mis en place. Les risques sont donc liés à la fiabilité de ces systèmes.

o Les données ponctuelles : elles sont complémentaires de procédures mais, saisies à des intervalles de temps plus au moins réguliers : inventaire physiques, évolutions de fin d’exercice…. Elles sont porteuses de risque significatif lorsque leur saisie n’est pas organisée de façon fiable et il est donc important de les connaître à l’avance pour décider des contrôles qui devront être effectués.

o Les données exceptionnelles : ces sont des opérations ou des décisions qui sortent du domaine de l’activité courante : réévaluation, fusion, restructuration …. L’entreprise ne disposent pas des critères préalables, d’élément comparatifs, de personnel expérimenté pour ce type d’opération, les risques que des erreurs se produisent et ne soient pas détectées sont plus importants .

II – le risque de non contrôle :

Le risque de non contrôle appelé encore risque lié au contrôle interne représente la possibilité que les défaillances intrinsèques du système d’informations de l’entreprise ne lui permettent pas de produire des comptes fiables.

Ainsi, ce type de risque consiste en la possibilité que le système de contrôle interne ne permette pas de détecter une erreur dans les états financiers ou ne prévienne pour la réalisation d’erreurs dans un compte ou un flux de transactions.

Peu importe que le risque inhérent (risque général lié à l’entreprise et risque lié aux opérations comptables) soit élevé si le système de contrôle interne a été bien conçu et si son application est correctement effectuée, cela vient en effet réduire considérablement l’apparition des erreurs.

III -Le risque de non détection :

Le risque de non détection est le risque que les procédures mises en oeuvre par l’auditeur ne lui permettent pas de détecter une inexactitude présente dans un solde de compte ou une catégorie d’opération, qui, seule ou ajoutée aux autres inexactitude présentés dans d’autre soldes ou catégories d’opérations, pourrait être significative.

C’est donc le risque que les contrôles mis en oeuvres par le réviseur ne détectent pas les erreurs dans un compte ou un flux de transaction. Ils ont pour conséquence de pouvoir faire émettre au réviseur une opinion inappropriée sur les états financiers.

Ainsi, le choix par l’auditeur des procédures mises en oeuvre, de leur étendue et de la date liée à ses interventions entraîne obligatoirement un certain niveau de risque que le commissaire aux comptes doit s’efforcer de minimiser. Il n’est en effet pas possible, notamment pour des raisons de coût et d’efficacité, d’obtenir une assurance absolue que les comptes annuels ne contiennent pas d’erreurs, quels que soient les systèmes mis en place par l’entreprise ou les contrôles de détection mis en oeuvre par l’auditeur.

Jacques POTDE VIN ajoute que le risque d’audit est le risque que les erreurs significatives subsistent dans les comptes annuels et que l’auditeur, ne les ayant pas détectées, formule une opinion erronée.

En outre, sur ce risque, la norme ISA 240 de l’IFAC indique que : « tout audit est soumis au risque inévitable de non détection d’anomalies significatives dans les états financières, même s’il a été correctement planifié et effectué. Sauf preuve contraire, l’auditeur est fondé à considérer les déclarations qu’il reçoit comme exactes et les enregistrements comptables et les documents comme authentiques ». Il précise également que : «même un système comptable et de contrôle interne performant risque de ne pas détecter une fraude impliquant la collusion d’employés ou une fraude commise par la direction ».

Le risque d’audit est quantifiable par l’intermédiaire de la notion de « seuil de signification » ou « seuil de matérialité ».

Certes, le seuil de signification est généralement défini comme « la limite à partir de laquelle une inexactitude ou un ensemble d’inexactitudes contenues dans un élément donné sont de nature à influencer la décision des utilisateurs de cet élément. C’est aussi la limite à partir de laquelle un élément cesse d’être considéré comme fiable ».

Cette notion reflète le fait que les comptes de chaque entreprise recèlent nécessairement des erreurs et des inexactitudes, car ils sont le résultat d’un processus comptable forcément imparfait et que, en outre, se base sur des hypothèses et des estimations subjectives.

L’objectif à atteindre n’est donc pas de dire que les comptes sont exacts, mais de faire en sorte que le montant des erreurs soit inférieur à un seuil défini. Dans ce contexte, le risque d’audit devient le fait que le montant cumulé des erreurs soit supérieur au seuil de matérialité c’est-à-dire qu’il ait un impact considéré comme significatif sur les comptes certifiés.

Section II- l’organisation d’une mission d’audit

Avant d’accepter un mandat, l’auditeur apprécie la possibilité d’effectuer la mission, il doit également respecter certaines règles déontologiques et professionnelles. En outre, il doit examiner périodiquement si des événements ne permettent en cause l’objet de sa mission.

Pour apprécier la possibilité d’effectuer une mission, l’auditeur doit avoir une connaissance suffisante des particularités de l’entreprise, de ses risques généraux, de ses synthèses significatifs.

Il doit pouvoir décider si la mission est possible en appréciant la situation de l’entreprise et en tenant compte des contraintes qui relèvent de sa propre organisation.

La mission est elle réalisable compte tenu des possibilités de personnel, des délais, des compétences techniques particuliers ?

o Les risques sont ils acceptables pour le commissaire aux comptes compte tenu de certains éléments : refus de la direction de l’application de certaines diligences jugées nécessaires, paiement d’honoraires insuffisants, confrère ayant démissionné pour entrave à sa mission, désaccord sur des options prises par la direction ?

La démarche d’audit est une démarche à la fois spécifique et itérative : spécifique en ce sens qu’elle nécessite une connaissance minimale de l’entreprise à auditer et itérative parce qu’elle sera précisé et complétée au fur et à mesure que seront obtenus les conclusions des premiers travaux.

Ainsi, l’analyse préliminaire de l’entreprise auditée permet d’identifier les principales composantes organisationnelles de l’entité auditée et les risques pouvant être détectés a priori.

Dans cette section on va présenter la démarche traditionnelle d’une mission d’audit à savoir la prise de connaissance de l’entreprise auditée, l’évaluation des procédures de contrôles interne et l’examen des comptes.

I-Prise de connaissance globale de l’entreprise :

La pris de connaissance générale de l’entreprise a pour but de comprendre le contexte dans lequel elle évolue et de la situer dans son environnement économique, sociale et juridique.

Cette étape est effectuée par l’intermédiaire d’entretiens avec les dirigeants, de l’étude de la documentation interne de l’entreprise (manuels de procédure, organigrammes, notes de services, etc…), de la revue des comptes annuels des dernières exercices et de la recherche de documentation externe sur l’entreprise et son secteur d’activité.

Elle permet à l’auditeur d’assimiler les principales caractéristiques de l’entreprise, son organisation, ses responsables, ses spécificités de fonctionnement et de détecter les zones de risques éventuelles (Mikol 1999)[8]

L’objectif de cette phase est de recueillir le maximum d’informations en un minimum de temps, selon la taille de l’entreprise et sa complexité, diverses techniques sont utilisées.

Cela peut aller d’un simple entretien avec le dirigeant pour une petite entreprise jusqu’à une recherche plus approfondie d’informations.

En matière de prise de connaissance de l’entreprise, la norme ISA 310 « prise de connaissance des activités de l’entreprise » de l’IFAC précise : «avant d’accepter la mission, l’auditeur rassemble des informations préliminaires sur le secteur d’activité, la propriété, la direction des opérations de l’entité soumise à l’audit, et détermine s’il lui est possible d’acquérir un niveau de connaissance suffisant des activités de l’entité pour réaliser l’audit ».[9]

En outre, l’auditeur doit également prendre une connaissance suffisante des marchés où intervient l’entreprise et de l’évolution générale de celle-ci. .

Ajoutant que la norme ISA 310 « connaissance des activités de l’entité » précise que « la connaissance des activités de l’entités constitue un cadre de référence permettant à l’auditeur d’exercer son jugement de professionnel ».

La compréhension des activités de l’entité et son utilisation adéquate aident l’auditeur à :

– Evaluer les risques et identifier les problèmes.

– Planifier et conduire efficacement l’audit.

– Evaluer la validité des éléments probants.

– Fournir un meilleur service au client.

II- l’évaluation des procédures de contrôle interne

Dans cette phase, l’auditeur va chercher à acquérir une meilleure compréhension de l’entreprise et de ses systèmes. Il va donc mieux connaître la nature des activités de l’entreprise, les lieux de production, les processus de fabrication. Il va mieux cerner les circuits de traitements des informations et l’élaboration des données qui permettent la prise des décisions.

L’ISA 400 de L’I.F.A.C précise que : « l’auditeur ne s’intéresse qu’aux politiques et procédures concernant les systèmes comptables et de contrôle interne ayant une incidence sur l’établissement des états financiers ».

Ainsi, l’évaluation de système de contrôle interne repose sur l’évaluation des procédures de l’entreprise (circuits de circulation des biens et documents, utilisation de documents normalisés instauration de système de contrôle). Elle vérifie en particulier la séparation des tâches entre les personnes chargées des fonctions opérationnelles, de la détention des biens, de l’enregistrement comptable et du contrôle (Mikol 1 999).

Certes, il est nécessaire avant de continuer notre étude sur l’évaluation de contrôle interne de le définir, ainsi, « le contrôle interne est un processus qui vise à assurer la maîtrise de l’entreprise. Son objectif est de prévenir les erreurs et les fraudes, de protéger l’intégrité des biens et des ressources, d’assurer une gestion rationnelle et un enregistrement correct des opérations ».

L’auditeur financier doit pouvoir s’appuyer sur la qualité de l’organisation de l’entreprise qu `il est amené à contrôler. En effet, son objectif est de contrôler l’information financière de synthèse qui est fournie par l’entreprise et qui est la résultante de l’enregistrement correct et exhaustif d’une multitude d’opérations. Il n’est pas concevable d’une manière générale, que l’auditeur vérifie l’enregistrement correcte de l’ensemble des opérations d’un exercice (cette méthode dite du full audit ne peut trouver son application que dans des entreprises comportant peu d’opération unitaires). La démarche de réviseur, reposant sur une approche sélective et non exhaustive, s’appuie nécessairement sur l’existence de procédures internes à l’entreprise qui conduisent à un enregistrement correct.

Tout d’abord, l’auditeur fait une revue des procédures, soit de manière descriptive, soit par l’intermédiaire d’un graphique que l’on appelle généralement « flow chart ». Les techniques de travail sont entre autres l’entretien et le questionnaire[10].

Ainsi, la description des procédures de l’entreprise est réalisée par l’intermédiaire d’entretien avec les responsables et le personnel des différents services de l’entreprise, c’est aussi par l’étude de sa documentation interne afin d’obtenir une description des tâches et de la circulation des documents : la description des procédures peut se faire soit de manière non guidée, soit à l’aide des guides opératoires ou des questionnaires dont l’objet est double : il s’agit d’une part de servir de support aux entretiens et d’autres part de s’assurer de ne pas avoir oublié l’élément important[11].

La deuxième étape consiste en la réalisation de tests de conformité qui doivent montre que les procédures décrites sont effectivement mises en oeuvre dans l’entreprise. Préalablement, il explique à un membre choisi de l’entreprise quelle est la procédure qu il a décrite ? Et lui demande de la valider. S’il y a une erreur, la personne est en mesure d’exposer la véritable pratique. Le test de conformité va consister à s’assurer que la procédure est respectée sur un échantillon des documents. Lorsque on est en présence de points forts, c’est à dire de procédures solides qui permettent de garantir une certaine qualité dans la transmission et la traduction des informations , l’auditeur doit faire un test de permanence, c’est -à -dire qu’ il doit s’assurer de l’ application correcte au cours du temps de cette procédure. Le test de permanence a donc pour objectif de s’assurer de l’application permanente des procédures[12]. Certes, Le contrôle interne repose sur certains principes de base que l’auditeur doit l’étudier, à savoir :

-La séparation des fonctions : qui permet le contrôle réciproque dans l’exécution des tâches et éviter qu’une même personne puisse commettre une erreur ou une irrégularité, en ayant la possibilité de la dissimuler.

-La matérialisation des tâches : assure leur réalisation et leur unicité.

La pré numérotation des documents papier : permet si leur suivi séquentiel peut être assuré et donc si elle est effectivement exploitée, de vérifier leur correct enregistrement, c’est à dire le respect des principes d’unicité et d’exhaustivité.

– La mise en place de contrôles particuliers pour des situations exponentielles[13].

III- le contrôle des comptes

Le contrôle des comptes est la dernière phase de l’audit, celle durant laquelle les équipes effectuent les tests et contrôles substantifs jugés nécessaires.

Si le contrôle interne est fort, il peut être suffisant de faire une revue succincte des comptes (sauf en ce qui concerne la clôture de l’exercice). Si le contrôle est faible, alors il est nécessaire de renforcer les tests, c’est à dire de multiplier les pointages afin de faire un examen détaillé des comptes et d’obtenir une mesure des risques en cours[14].

Les étapes d’un programme de travail d’audit consistent en la réalisation successive de procédures destinées à recueillir des éléments de preuve.

En fait, la recherche de preuve fait appel à un nombre limité des techniques. Les procédures d’audit peuvent en effet se diviser en six catégories principales (Mikol 1999).

A priori, c’est leur combinaison et leur recoupement qui va produire une démarche d’audit de qualité :

– la vérification physique consiste à s’assurer de l’existence des actifs qui sont inscrits dans les comptes.

– La vérification sur document consiste à valider les mouvements ou les soldes des comptes à partir des pièces comptables qui le justifient.

– Les confirmations directes, ou circularisation, consistent à obtenir des tiers extérieurs à l’entreprise la confirmation d’informations, c’est ainsi, la circularisation ou la confirmation écrite par des tiers de faits ou de positions financières et comptables, possède au contraire une force probante important. Elle consiste à adresser aux partenaires de la société auditée un courrier leur demandant de confirmer par écrit certaines informations traduites dans les comptes. Les partenaires privilégiés sollicités dans cette procédure sont : l’établissement bancaire, les avocats et conseils juridique, les principaux clients et les fournisseurs majeurs[15]

– Les demandes d’explication auprès de la direction permettent de juger du caractère raisonnable des options de comptabilisation prises par l’entreprise. Les explications doivent faire l’objet d’une évaluation critique de la part de l’auditeur.

– Les calculs, vérifications arithmétiques, recoupements et rapprochements de document entre eux.

– L’examen analytique consiste à déterminer le caractère raisonnable des informations contenues dans les comptes. Il se base sur l’étude des tendances, fluctuations, ratios tirés des comptes annuels par comparaison avec les exercices antérieurs. L’examen analytique cherche également à s’assurer de cohérence réciproque des différentes informations.

Une fois les procédures d’audit appliqué à un cycle de l’entreprise, l’auditeur émet un jugement sur les résultats obtenus. S’il n’a pas relevé d’anomalie et s’il considère que le niveau des travaux effectués est satisfaisant, il estimera que les éléments de preuve recueillis sont suffisants pour couvrir les risques liés à ce cycle. S’il relève des erreurs ou des anomalies, il va s’efforcer d’évaluer leur impacte, de déterminer si elles sont de nature volontaire ou involontaire.

Comme la recherche de preuves repose sur la notion de sondage, elle ne peut offrir une garantie absolue malgré toutes les précautions méthodologique mises en oeuvre. De plus, l’évaluation des risques et l’évaluation du contrôle interne sur lesquelles reposes largement le choix des procédures appliquées peuvent être insuffisantes.

Le produit final du travail d’audit résultant de plusieurs dizains, voire plusieurs centaines d’heurs de travail pour les grandes entreprises consiste en un document d’une ou deux pages : le rapport d’audit, qui exprime l’opinion de l’auditeur sur les comptes annuels.35 Le contenu des rapports d’audit fait l’objet d’une définition précise. En raison de leurs conséquences potentielles, les différentes formes possibles de l’opinion formulée dans le rapport sont en effet complètement définies (Mikol 1999) :

« La certification sans réserve » repend à l’objectif initial de l’auditeur, qui est de certifier que les comptes annuels sont réguliers, sincères et donnent une image fidèle ;

« La certification avec réserve » doit être émise lorsqu’un désaccord sur un point comptable ou une limitation dans l’entendue des travaux de contrôle ne permet pas à l’auditeur d’exprimer une opinion sans réserve, sans que l’incidence de cette réserve soit suffisamment importante pour entraîner un refus de certifier.

« Le refus de certifier » doit être exprimé lorsque l’effet d’un désaccord ou d’une limitation des travaux est tel que l’auditeur considère qu’une réserve est insuffisante pour révéler le caractère trompeur ou incomplet de l’information comptable. Il est également exprimé en cas d’incertitudes très graves sur les comptes.

Conclusion

La protection des intérêts des tiers et le rôle que l’information financière peut jouer à ce niveau sont une motivation essentielle de législateur pour instituer les obligations légales de la publication et de certification des comptes annuels des entreprises.

Une des caractéristique majeures de l’audit contemporain est donc sa forte rationalisation tant au niveau de ses principes (encadrement conceptuel) que de sa pratique (encadrement méthodologique). Dans une optique de crédibilité, il est en effet essentiel que l’évolution portée sur des états financières donnés apparaisse, au moins en théorie, comme indépendante de la personne de l’auditeur effectuent les contrôles.

Ainsi l’audit comptable et financier a connu, au cours des dernières décennies, une expansion très forte de son marché, cette expansion est pour partie liée au développement de la mission des CAC selon deux axes :

1- l’obligation de nomination d’un commissaire aux comptes.

2- le rôle même du commissaire aux comptes a été peu a peu développé.

Parallèlement à la mission traditionnelle de contrôle des comptes qui reste prépondérante, d’autres missions ont été dévolues par la loi aux auditeurs légaux qui doivent être signalées :

– L’obligation de révélation des faits délictueux : le commissaire aux comptes a l’obligation (pénalement sanctionnée) de révéler au parquet le fait à caractère pénal dont il a connaissance dans le cadre de la réalisation de sa mission.

– Les diligences spécifiques à accomplir par le commissaire aux comptes en application de la loi sur la prévention des difficultés des entreprises. Le commissaire aux comptes veille à l’établissement de documents prévisionnels relatifs au résultat et à la trésorerie de l’exercice qu’il contrôle et, en cas d’anticipation de difficultés sérieuses de l’entreprise, en alerte les dirigeant et, éventuellement de tribunal.

En conclusion, apparaît ainsi le rôle de l’auditeur externe dans la notion d’alerte et de conseille pour l’entreprise à auditée et naisse à cet effet à l’égard de l’auditeur une responsabilité à cause de l’accomplissement de sa mission en toute indépendance et crédibilité. C’est en effet l’objectif de notre deuxième chapitre d’étudier la responsabilité de l’auditeur externe lors de l’accomplissement de sa mission des révisions des comptes.

Bibliographie

Ouvrages :

BATUDE. D : « L’Audit Comptable et Financier » Editions NATHAN, Paris (1997).

DAHDOUH. H&C : « Droit commerciale, Entreprises Sociétaires », Tome1, Editions I.H.E. Collection Droit et Sciences Juridiques, Tunis (2003).

GRAND. B & VERDALLE. B : « Audit Comptable et Financier », Editions, ECONOMICA (1999).

SIMONS. P : « Audit financier », les éditions d’organisation (1987).

STILLERO. A : « Audit et révision légale », Edition ESKA (2000).

[1] Pascal SIMONS : « Audit financier », les éditions d’organisation 1987, p 27.

[2] La norme ISA 240.

[3] Jacques POTDEVIN, op, cit, pp 7, 8.

[4] Danielle BATUDE, op, cit, p 35.

[5] OULDKHATTARY Mohamed, mémoire IHEC Carthage ; « l’approche par le risque en matière d’audit », 1993 ; p35.

[6] La norme n° 25 de l’I.F.A.C. (paragraphe 13).

[7] Jacques POTDEVIN, op, cit, pp 7,8.

[8] Olivier HERRBACH, op, cit, p 26.

[9] Jacques POTDEVIN, op, cit, p 14.

[10] Bernard GRAND & Bernard VERDALLE, op, cit, p 33.

[11] Olivier HERRBACH, op, cit, p 27.

[12] Radouane ZARROUK, Cour d’Audit, ISG Sousse, 2004-2005.

[13] Danielle BATUDE, op, cit, p 67.

[14] Bernard GRAND &Bernard VERDALLE, op, cit, p 33.

[15] Alberto SILLERO, « Audit révision légale », Ed ESKA 2000.

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