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Audit comptable et opérationnel

L’audit, peut être défini comme l’examen professionnel d’une information en vue d’exprimer sur cette information une opinion motivée, responsable et indépendante par référence à un critère de qualité ; cette opinion doit accroître l’utilité de l’information.

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SOMMAIRE

Introduction

Chapitre 1 : Approche conceptuelle

  1. Définitions et objectifs
  2. Evolution
  • Comparaison

Chapitre 2 : Les démarches des audits comptable et opérationnel

  1. Démarche de l’audit comptable
  2. Démarche de l’audit opérationnel
  • Comparaison entre les deux audits

Chapitre 3 : L’audit comptable et opérationnel des principales fonctions d’une entreprise

  1. Audit des approvisionnements
  2. Audit de la production
  • Audit de la fonction commerciale
  1. Audit de la trésorerie

Conclusion

Bibliographie

Introduction

L’audit, peut être défini comme l’examen professionnel d’une information en vue d’exprimer sur cette information une opinion motivée, responsable et indépendante par référence à un critère de qualité ; cette opinion doit accroître l’utilité de l’information.

            Nous avons déjà distingué l’audit interne de l’audit externe mais l’objet de ce thème vient pour pousser encore plus loin la recherche et aboutir à la distinction entre l’audit comptable et l’audit opérationnel.

            En effet, historiquement, ce sont les informations comptables et financières qui revêtirent  une importance capitale. Ainsi, l’audit comptable et financier a été le premier à être développé sauf que progressivement, il est apparu que l’audit, portant essentiellement sur l’information financière, pouvait être effectivement appliqué à d’autres types d’informations, voire à toute information.

 

Notre travail consistera donc à mettre la lumière sur ces deux audits et à éclaircir sur quoi portent-ils ? Quels sont leurs objectifs ? Comment procède l’auditeur et enfin comment se manifestent-ils au sein de l’entreprise en essayant au fur et à mesure de distinguer les différences et similitudes que présentent les audits comptable et opérationnel.

Chapitre 1 : Approche conceptuelle

L’audit repose sur la possibilité d’apprécier une réalité par comparaison à des normes.

Deux domaines pour lesquels l’existence de référence générale est inégale ; il s’agit en l’occurrence de l’audit comptable et de l’audit opérationnel.

  1. L’audit comptable

L’audit comptable est un examen qui « intéresse les actions ayant une incidence sur la préservation du patrimoine, les saisies et  traitements comptables, il ne néglige  pas les actions qui ne sont pas engagées par les comptables eux-mêmes ; mais ne s’y intéresse qu’en tant qu’éléments déterminants la fiabilité, la régularité et la sincérité des informations comptables, sur laquelle il doit formuler un jugement »[1].

  1. Les préoccupations de l’auditeur comptable

 

  • Est-ce que toutes les opérations de l’entreprise devant être comptabilisées ont-elles fait l’objet d’un enregistrement dans les comptes ?
  • Tous les enregistrements portés dans les comptes sont-ils la traduction correcte d’une opération réelle ?
  • Toutes les opérations enregistrées durant l’exercice concernent-elles la période échouée et elle seule ?
  • Tous les soldes apparaissant au bilan représentent-ils des éléments d’actif et de passif existant réellement ?
  • Est-ce-que ces éléments sont évalués à leur juste valeur ?

Cet examen critique des informations comptables ne  peut être fait que par une personne indépendante, compétente, ayant une mission soit légale ou contractuelle, en vue de vérifier leur régularité, leur sincérité et leur aptitude à refléter l’image fidele de l’entreprise.

  1. Les missions d’un auditeur comptable 

 

  • Audit légal : Examen obligatoire prévu par la loi sur les sociétés, pour toute société de capitaux dont le chiffre d’affaire dépasse 50.000.000 Dhs, effectué par un  commissaire aux comptes désigné lors de la constitution  par l’assemblée générale ordinaire  ou par les statuts pour une durée de mandat respectivement  3 ans renouvelables ou 1 an. En effet, ce commissaire aux comptes  dispose d’une mission permanente de :
  • Contrôle de la conformité de la comptabilité aux règles en vigueur ;
  • Vérification des comptes en vue de certifier la régularité, la sincérité et l’image de marque.

En certifiant les comptes, le commissaire aux comptes atteste de leur authenticité, rigueur et conformité à la réalité et reconnait cela vis-à-vis de l’Etat, des clients, des fournisseurs, des employés et des actionnaires.

Le commissaire aux comptes est communément reconnu comme le gardien de la légalité et par ses fonctions il participe à garantir la régularité des transactions de l’activité économique en générale.

  • Audit contractuel : Examen non imposé par la loi et qui ne peut être mis en œuvre par une personne non inscrite sur le tableau d’ordre des experts comptables.  Cet examen est effectué selon la nécessité de l’entreprise (chaque année, trimestre ou semestre) et il porte sur la révision comptable de l’organisation.

L’auditeur contractuel exerce une mission de :

  • Surveillance de la comptabilité ;
  • Mise en place d’un système comptable adapté aux besoins de l’entreprise.

Afin de :

  • Disposer d’une information comptable fiable avant de la présenter à des tiers ou des associés ;
  • Apprécier l’organisation comptable actuelle afin d’en déceler les insuffisances et de les améliorer ;
  • Eviter les fraudes et les détournements.

  1. Les fins de l’audit comptable 

 

  • Régularité : c’est la conformité aux règles et aux normes comptables.
  • La sincérité : c’est l’application de bonne foi des règles comptables légales et les règles comptables internes à l’organisation  et procédures ainsi  qu’a l’utilisation juste et correcte des valeurs comptables et l’appréciation raisonnable des risques et des dépréciations de la part des dirigeants.
  • L’image fidèle : c’est-à-dire qu’en se référant aux principes comptables et aux normes d’audit, les comptes annuels doivent donner une image fidele du patrimoine.

  1. Les normes d’évaluation

 L’audit comptable relève d’un cadre légal et dispose de  références précises et générales qui définissent ce qu’il faut attendre d’un système comptable adéquat en se référant aux principes comptables généralement admis ainsi qu’aux normes d’audit généralement acceptées.

  • principes comptables généralement admis

 

Principes régissant les conditions de la conduite de la comptabilité dans le temps.
  • principe de continuité d’exploitation
  • principe de permanence des méthodes →
  • principes du coût historique

  • principe de spécialisation des exercices

Principes régissant les conditions de mise en œuvre de l’information comptable.

  • principe de prudence
  • principe de clarté →
  • principe d’importance significative

  • normes d’audit comptable acceptées
  • normes générales : compétence, Indépendance, qualité de travail, secret professionnel.
  • normes de travail : orientation et planification de la mission, appréciation du contrôle interne, obtention des éléments probants, délégation et supervision, ainsi que la documentation des travaux.
  • normes de rapport.

Ainsi, l’ensemble des activités effectuées par un audit comptable a pour objectif de limiter le risque d’émettre une opinion erronée sur les comptes soumis à la certification.

Le risque c’est la probabilité  qu’un événement ou une action puisse avoir des conséquences néfastes sur l’activité et peut correspondre à la possibilité qu’un auditeur formule une opinion inappropriée aux circonstances.

       Exemple : formuler une opinion sans réserve alors que les comptes présentent une anomalie significative.

Le risque d’audit peut être analysé en trois composantes :

  • risque de l’entreprise: lié à la possibilité qu’une erreur significative soit transcrite dans les écritures comptable et il peut être lié à l’activité, au système d’information (c’est-à-dire le système comptable, le système informatique, le système de gestion commerciale, de production…)

  • risque de contrôle(par l’entreprise): lié à la possibilité qu’une erreur significative ne soit pas détectée par le système de contrôle interne en raison d’une déficience de ce système. → En effet, plus le contrôle interne est satisfaisant, plus le risque lié au contrôle est faible ; parce qu’une bonne connaissance du contrôle interne de l’entreprise permet à l’auditeur :
  • d’identifier les types d’erreurs possibles par les lacunes du système ;
  • de mesurer le risque de survenance des erreurs.

  • risque de non détection (par l’auditeur) : lié à la possibilité que l’auditeur ne détecte pas une erreur ou une anomalie significative. Ce risque est lié à l’importance du programme de contrôle des comptes annuels mis en place par l’auditeur.

le risque d’audit = risque de l’entreprise + risque lié au contrôle  + risque de non             détection.

De tel sorte que l’auditeur se fixe un risque d’audit acceptable et évalue chacune des composantes de l’équation sachant qu’il n’y a pas souvent corrélation entre le risque de l’entreprise et le risque lié au contrôle.

  1. L’audit opérationnel 

Est un examen systématique  des activités d’une organisation en fonction de ses finalités et objectifs  afin de «  juger la manière dont les objectifs sont fixés et atteints ainsi que les risques qui pèsent éventuellement sur la capacité de l’entreprise ou d’une entité à définir des objectifs pertinents et à les atteindre, et à apprécier leur opportunité »[2], en vue :

  • d’évaluer les réalisations (en identifiant les pratiques non économiques, improductives et inefficaces) ;
  • de faire des recommandations d’amélioration.

  1. Les préoccupations de l’auditeur opérationnel 

 

  • Organisation de l’entité :
  • Organisation des services ;
  • Système de contrôle interne ;
  • Procédure de travail ;
  • Définition des fonctions ;
  • Relation avec l’environnement externe.

  • Gestion de l’entité :
  • appréciation des performances ;
  • évaluation des méthodes et instrument de gestion.

En effet, l’audit opérationnel vise à évaluer la manière dont l’organisation est dirigée, à établir les possibilités d’amélioration du fonctionnement et de l’utilisation des moyens ainsi qu’à créer au sein de l’entreprise une dynamique de progrès.

« Il  s’applique à toutes les actions, sans privilégier leur incidence sur la tenue et la présentation des comptes »[3], son champ d’investigation est très vaste et peut s’étendre et couvrir  l’ensemble des activités de l’organisation. Il s’agit en l’occurrence d’audit des ressources humaines,  d’assurance juridique,  fiscale, commerciale,  des achats, d’informatique, de sécurité, marketing, des finances,…etc.

L’audit opérationnel n’est pas l’audit des activités opérationnelles au sens où les activités opérationnelles s’opposent aux activités  fonctionnelles de l’organisation mais il dispose d’un champ d’activité englobant la stratégie et la gestion. Ce n’est pas l’audit d’une fonction opérationnelle particulière de l’entreprise : Marketing, Informatique, Ressources Humaines, Production…, mais «  l’audit des processus et des interfaces entre les fonctions.»[4]

Il peut revêtir deux formes :

  • Audit des fonctions : il a pour but de s’assurer que des sécurités suffisantes sont prévues et s’exercent efficacement dans les diverses fonctions de l’entreprise. Cet examen peut porter sur des fonctions très vastes : achats, ventes, production,…etc. ainsi que des fonctions précises : expéditions, gestion des stocks,…etc.

  • Audit des opérations ponctuelles : il a pour but d’examiner les conditions d’exécution d’une action qui se déroule une fois ; telle que l’audit des procédures, d’un investissement particulièrement important, l’audit d’une fonction spécifique considérée comme stratégique par l’entreprise. »[5]

En effet, l’audit opérationnel  est une des formes d’audit global qui peut couvrir l’ensemble des activités et des fonctions d’une organisation et son approche d’audit total est transversale c’est-à-dire audit des processus et des interfaces entre les fonctions. Toutefois, il peut être restreint à l’une des entités composant l’organisation telle qu’une division d’une entreprise importante.

  1. Mission d’audit opérationnel

L’audit opérationnel peut être le fait de personnes :

  • Internes au personnel de l’entreprise (salarié ou fonctionnaire de l’organisation) en vue d’apporter une valeur ajoutée et d’améliorer le fonctionnement de l’entreprise.

  • ou externes au personnel de l’entreprise (professionnel exerçant à titre libéral) intervenant dans un cadre contractuel, en vue de donner une assurance quant à la qualité de l’information à destination des tiers. ainsi que l’auditeur qui s’étend à la direction générale doit être obligatoirement externe afin de respecter le principe de l’indépendance.

« Les normes d’évaluation d’audit opérationnel consistent en les objectifs et politiques que la direction souhaite appliquer à l’entité qui s’inscrivent dans une perspective spécifique au domaine d’activité, à l’entreprise et à l’environnement. »[6]

En effet, l’audit opérationnel s’intéresse à la manière dont l’entreprise ou certaines de ses entités définissent et  respectent leurs objectifs et leurs politiques, obtiennent, préservent, allouent et consomment tous les moyens nécessaires pour ces fins.

  1. Les défaillances mises en évidence 

 

  • L’audit opérationnel manque de structuration du fait qu’il est nécessaire de l’adapter à chaque cas et de le concevoir dans le cadre d’un besoin spécifique d’une entreprise donnée.
  • L’absence de formalisation des finalités de l’organisation implique une difficulté au niveau de la compréhension de la politique de la direction par ceux qui l’exécutent.
  1. Les points de divergence et de convergence entre l’audit comptable et l’audit opérationnel

 

  • Les normes d’évaluation

L’audit comptable relève d’un cadre légal, il dispose de  références précises et générales qui consistent en les principes comptables généralement admis ainsi que les normes d’audit généralement acceptées.

L’audit opérationnel ne relève pas d’un cadre légale et s’inscrit dans une perspective spécifique au domaine, à l’entreprise, à l’environnement et ses normes d’évaluation consistent en les objectifs et politiques fixés par l’organisation et qui œuvre pour les atteindre.

  • Champ d’activité

Intéresse tous les actions ayant une incidence sur la comptabilité→ audit comptable.

S’applique à toutes actions, sans privilégier leur incidence sur la tenue et la présentation des comptes→ l’audit opérationnel.

  • L’objectif

Certifier les comptes de l’entreprise pour les tiers → audit comptable.

Apprécier les performances des fonctionnements de l’entreprise → l’audit opérationnel.

  • La réalisation

L’auditeur comptable  doit être obligatoirement une personne externe au personnel de l’entreprise

 L’auditeur opérationnel peut être soit une personne interne ou externe au personnel de l’entreprise.

  • Les contraintes qui s’appliquent autant à l’audit comptable qu’à l’audit opérationnel 

 

  • « L’audit est un processus objectif et systématique »[7], il requiert :
  • une stratégie ;
  • une planification des travaux ;
  • des ajustements éventuels en cours du déroulement induits par la nature des constats effectués.

  • « L’audit cherche à évaluer la concordance entre les assertions et la réalité »[8], celle-ci qu’elle soit :
  • une obligation résultant de normes légales ou professionnelles ;
  • ou l’effet attendu de mode d’organisation mise en place.

  • « L’audit est avant tout un processus rigoureux d’identification des problèmes : dans le cas ou la mission confiée à d’auditeur le spécifie, il peut conduire à des recommandations quant aux solutions à apporter pour corriger les dysfonctionnements, prévenir leur récurrence et empêcher les risques identifiés de se réaliser »[9]

Enfin, « Les audits comptable et opérationnel sont complémentaires et leur spécificité reste cependant liée à la nature différente de leurs objets, la comptabilité et ses productions pour l’un et  les autres aspects de fonctionnement pour l’autre »[10].

Chapitre 2 : Les démarches des audits comptable et opérationnel

Chaque audit, quelque soit son type, se décompose généralement de phases distinctes. Dans le cadre de ce chapitre, nous allons essayer de traiter chaque phase composant ces démarches afin d’arriver à faire une comparaison entre celle de l’audit comptable et celle de l’audit opérationnel et éventuellement tirer les points en commun et les différences qui existent entre ces dernières.

  1. Démarche de l’audit comptable 

La démarche de l’audit comptable se scinde en trois phases distinctes par le contenu mais aussi par les dates d’intervention. On distingue la phase de préparation de la mission, la phase préliminaire ou encore intérim et pour finir comme son nom l’indique la phase finale appelée aussi phase de validation.

  1. La phase de préparation 

L’objectif de l’audit comptable étant de « permettre de certifier les états financiers de l’entreprise ou d’un groupe d’entreprises afin de présenter le rapport d’audit au conseil d’administration et à l’assemblée générale »[11], il est clair qu’il faut s’assurer que l’ensemble des travaux d’audit seront achevés au moment voulu à savoir quand aura lieu le conseil d’administration. Autrement dit, la mission d’audit comptable doit être planifiée et non menée au hasard.

La planification de la mission d’audit va dépendre de nombreux éléments et variera selon qu’il s’agit d’un nouveau mandat ou d’une mission récurrente. Cette planification est importante que ce soit pour la réussite de la mission ou encore pour la gestion du cabinet d’audit et des collaborateurs. En effet, une bonne gestion du planning optimise les résultats financiers du cabinet.

La phase de préparation comprend le calendrier de la mission, la constitution de l’équipe d’audit et le programme de travail.

  • Le calendrier de la mission 

L’élaboration du calendrier de la mission diffère en fonction de celle-ci c’est-à-dire qu’il s’agisse d’un nouveau mandat ou d’une mission récurrente.

  • Dans le cas d’un nouveau mandat :

« Il faut alors discuter avec l’entreprise des dates clés telles que le conseil d’administration, l’assemblée générale mais aussi le propre calendrier des services comptables de l’entreprise pour l’établissement des états financiers »[12].

L’expérience a démontré qu’il n’était pas très efficace pour les auditeurs d’être présents quand les comptables sont en plein travail d’élaboration des états de synthèse. Ceci parait logique car ces derniers ne seront pas entièrement disponibles pour assurer l’accompagnement des auditeurs.

L’auditeur peut, dans la mesure du possible, prendre contact avec son prédécesseur afin d’avoir une connaissance plus approfondie des spécificités de la mission.

Durant la phase de préparation, le responsable de mission élabore un premier calendrier qui sera ajusté plus tard lors de la phase préliminaire. Cette dernière, quant à elle, doit avoir lieu plusieurs mois avant la clôture des comptes pour affiner au mieux la planification de la phase finale.

  • Dans le cas d’une mission récurrente :

A ce moment là, l’idéal serait d’avoir recensé dans le dossier de l’année dernière les problèmes rencontrés en matière de planification des audits précédents. Comme ça, ce serait plus facile d’éviter ces problèmes en introduisant les changements nécessaires à propos desquels le responsable  de la mission doit discuter avec le responsable comptable de l’entreprise.

« Une fois élaboré en concertation avec le client, le calendrier prévisionnel doit lui être adressé par écrit, en précisant toutes les dates butoirs annoncées par le client et un double doit être conservé dans le dossier ».[13]

  • La constitution de l’équipe d’audit 

Quelque soit la taille de l’entreprise auditée, il y’a toujours un chef de mission qui a la responsabilité de la mission sur le terrain. Le nombre et l’expérience des collaborateurs dépendent des difficultés et spécificités de la mission en question.

Il est nécessaire dès ce stade de prévoir les interventions spécifiques telles que celles de spécialistes de production ou auditeurs informatiques…Etc. si l’auditeur en ressent le besoin.

Pour les audits récurrents, il est préférable dans la mesure du possible, de garder au moins quelques collaborateurs qui ont déjà une connaissance du client.

Il est aussi préférable qu’une partie de l’équipe ait une connaissance du secteur d’activité surtout en ce qui concerne le domaine des banques et assurances.

  • Le programme de travail 

« A ce stade, il s’agit essentiellement d’une ébauche de programme de travail ou une première révision du programme des années antérieures »[14] s’il s’agit d’une mission récurrente. Lors de la phase préliminaire, un programme plus détaillé est élaboré. Le programme de travail s’appuie largement sur l’évaluation des risques inhérents[15].

  1. La phase préliminaire

Deux étapes sont distinguées dans le cadre de cette phase : L’évaluation du contrôle interne et la préparation de la phase finale.

  • Evaluation du contrôle interne

Pour évaluer le risque de contrôle, l’auditeur dispose d’un grand nombre d’outils notamment ceux qui ont été très bien présentés dans le cadre du thème concernant « les techniques et supports d’audit ». Ainsi, cette évaluation se présente comme suit :

  • Evaluation théorique du contrôle interne :

« L’auditeur identifie l’ensemble des procédures aboutissant à la constatation et l’enregistrement des opérations de l’entreprise »[16].

Suite à cette opération, il peut ainsi détecter les forces et les faiblesses apparentes des systèmes et procédures sachant que les faiblesses de contrôle interne sont les points qui créent un risque possible.

Les faiblesses vont accroître le travail de vérification dans la phase finale alors que les forces sont les éléments pour lesquels une procédure existe pour couvrir un risque potentiel.

  • Tests sur les forces

«  Après avoir identifié les forces apparentes, l’auditeur valide ces forces en testant l’existence des points forts»[17]. En effet, il se peut qu’une procédure prévoie de couvrir un risque potentiel mais qu’elle ne soit pas correctement ou régulièrement appliquée. Donc, la force n’est qu’apparente et le risque potentiel n’est pas couvert et existe toujours.

  • Cas particulier des fraudes 

Dans le cadre de cette évaluation, l’auditeur peut être amené à constater des fraudes même si ce n’est pas ce qu’il recherche à priori. Lorsque les fraudes ne sont pas significatives, c’est le cas le plus difficile, car l’auditeur doit attirer l’attention des dirigeants sur ce qu’il a découvert de façon à mettre en évidence la faiblesse de procédure qui a rendu cette fraude possible.

  • Préparation de la phase finale

Après avoir évalué le contrôle interne, l’auditeur tient compte des conclusions auxquelles il est parvenu sur les risques inhérents et les risques de contrôle[18] pour finaliser le programme de travail pour la phase finale. L’auditeur ne s’appuie par contre sur les forces de procédures des systèmes que s’il les a suffisamment testées sachant que comme nous avons déjà dit ces forces peuvent n’être qu’apparentes.

  • La phase finale 

Celle-ci intervient généralement après la clôture des comptes de l’entreprise auditée avec l’objectif de collecter les éléments probants pour pouvoir donner son opinion sur les états financiers.

Ces éléments probants sont collectés durant toutes les phases de l’audit mais ne sont significatifs que dans la phase finale. Selon les normes CNCC, ces derniers désignent «  les informations obtenues par l’auditeur pour aboutir à des conclusions sur lesquelles il fonde son opinion. Ces informations sont constituées des documents justificatifs et des pièces comptables ayant servi à l’établissement des comptes et qui viennent corroborer[19] des informations provenant d’autres sources »[20].

L’auditeur exerce son jugement professionnel pour déterminer si les éléments probants collectés sont suffisants et appropriés.

  1. Démarche de l’audit opérationnel 

La mission d’audit opérationnel passe par les grandes étapes suivantes :

  1. Prise de connaissance générale 

« Cette étape a surtout un objectif premier étant de permettre d’avoir une vue et une compréhension d’ensemble suffisante pour orienter la mission en fonction des particularités et spécificités de la structure à auditer. »[21]

Les informations dont l’auditeur a besoin lors de cette phase peuvent être recueillies grâce aux outils dont il dispose (entretiens ou autres) ou grâce à l’exploitation de la documentation interne propre à chaque fonction ainsi que la visite des locaux de la structure et sites de travail.

  1. Vérification de la légalité des opérations 

Et ce en se basant bien sûr sur les lois et procédures de travail liées à chaque fonction.

Lois
Procédures
Explications
Applications

  1. Etablissement du rapport de l’audit interne

En règle générale, un ou deux rapports d’audit sont émis, présentés sous la forme d’un ou deux documents séparés contenant essentiellement :

  • Les défaillances relevées au cours de l’audit opérationnel ;
  • Les ajustements proposés à la suite de la vérification des données de gestion et d’organisation.

Lorsque l’audit traite uniquement les problèmes de procédures, ce rapport permet à l’auditeur d’informer les responsables des constatations mais également de leur proposer des améliorations. Le rapport d’audit doit comporter une conclusion générale correspondant à l’opinion que s’est forgée l’auditeur par ses travaux sur l’application des procédures.

Il est important de signaler que le rapport d’audit doit être clair, objectif et comprendre en plus des défaillances relevées leurs raisons et conséquences ainsi qu’une formulation précise des recommandations pour y remédier.

Il est souhaitable de discuter du contenu des rapports avec le personnel audité avant de l’envoyer définitivement et que ces derniers formulent par écrit les mesures correctives qu’ils comptent mené lesquelles seront suivies.

  • Comparaison entre les deux démarches 

 

  Démarche Audit comptable Démarche Audit opérationnel
 

 

 

 

 

Ressemblances

·        Composées de phases distinctes

·        Prise de connaissance et collecte d’informations utiles pour mener à bien la mission

·        Elaboration de rapports en fin de mission où les constatations positives et négatives et les recommandations sont mises en évidence

Différences Objectifs Détecter les forces et les faiblesses des systèmes et procédures comptables Détecter les forces et les faiblesses des systèmes et procédures relatives à chaque fonction de l’entreprise
Moyens Evaluation du contrôle interne Vérification de la légalité des opérations
Lieu Entité auditée (service comptable essentiellement) Entité auditée (ensemble d’éléments dont  la production, la trésorerie, le service commercial… Etc.)

Chapitre 3 : L’audit comptable et opérationnel des principales fonctions d’une entreprise

  1. Audit des approvisionnements

La fonction approvisionnement permet à l’entreprise de disposer des matières premières et produits finis et semi-finis dont elle a besoin pour assurer sa production. Ainsi, Michel CARON définit la fonction approvisionnement comme suit :

« La logistique est l’art ou la science de la détermination : De ce qui est requis et à quel endroit, des sources d’approvisionnement les plus sûres et les plus économiques, des acheminements entre les points d’approvisionnements et les points de besoins qui minimisent les frais de transfert tout en maximisant les bénéfices pour les deux parties en cause »[22].

L’organisation de la fonction de l’approvisionnement est variable, elle répond aux besoins spécifiques de la nature de l’activité de l’entreprise. En effet, dans une entreprise industrielle, les approvisionnements doivent suivre un programme de production préétabli. Par exemple, pour une entreprise d’achats revente, les approvisionnements se font par les lois du marché.

Quelle que soit l’organisation, la fonction approvisionnement doit répondre aux besoins de l’entreprise aux meilleures conditions de coût et de qualité.

Pour avoir les assurances suffisantes que la fonction achats-approvisionnements fonctionne correctement afin de préserver le patrimoine de l’entreprise et rentabiliser son fonctionnement, l’audit de cette fonction s’avère indispensable.

  1. Audit comptable des approvisionnements

L’auditeur vérifie par sondage l’enregistrement des achats en comptabilité générale dans les comptes correspondants du bilan, des charges et des produits. Ceci après s’être assuré du respect des règles de contrôle interne (définition des postes, responsabilités, séparation des fonctions, Etc.).

  • Le coût des approvisionnements 

L’approvisionnement a un coût qu’il faut gérer au mieux grâce à une logistique efficace. Pour cela, il faut :

  • Répondre à la demande concernant la qualité et la quantité ;
  • Approvisionner au meilleur tarif ;
  • Gérer les produits selon la saison mais également à la demande.

La fiabilité des calculs de rentabilité dépend de l’exactitude des données de la comptabilité analytique, celle-ci fournit :

  • La valeur des achats destinés à chacun des centres de coût de l’entreprise ;
  • La valeur des stocks à chaque étape de leur élaboration ;
  • Le coût de revient des produits finis.

La démarche de l’auditeur suivra donc l’organisation de l’entreprise en ce qui concerne l’autonomie de la comptabilité analytique, la méthode de répartition des charges et la méthode de calcul des coûts.

Pour ce faire, l’auditeur utilise généralement deux méthodes :

  • L’examen des achats par sondage et la vérification de leur imputation en comptes de sections ou de stocks en respectant le principe de la partie double. Cette méthode consiste essentiellement à confronter les entrées en stocks de factures des fournisseurs afin de détecter toute erreur ou omission d’imputation ;
  • Examiner, à partir des prix de revient fournis par la comptabilité analytique, l’origine des coûts qui viennent s’imputer au produit considéré. L’auditeur est ainsi amené à vérifier le transfert des coûts d’une section à l’autre, et à contrôler l’enregistrement comptable des factures d’achats.

  • Les systèmes budgétaires 

Les entreprises qui ont recours à un système de la budgétisation déterminent une prévision des ventes (après l’étude des paramètres desquels elles dépendent). Selon cette prévision, elles établissent un programme de production dont dépend le budget des approvisionnements.

L’auditeur apprécie des prévisions d’achats qui s’effectuent en suivant la démarche logique pour chaque rubrique importante, en commençant par les consommations mensuelles, les achats non prévus, les prix et les charges prévisibles par article, et enfin discussion des budgets avec les directions technique et financière.

A partir des prévisions d’achats, l’auditeur évalue les achats à effectuer auprès des fournisseurs importants en les comparant aux marchés d’approvisionnement conclu.

L’auditeur s’attache à vérifier le caractère homogène des réalisations et des prévisions en étudiant la sincérité des écarts mensuels constatés sur les quantités, sur les charges techniques et sur les prix.

Il s’assure également de la cohérence des éléments des comptabilités générale et analytique et achats réalisés comparés aux budgets.

  • Les données statistiques 

Il s’agit des données à usage  interne des services achats telles que celles concernant le suivi des commandes, les niveaux des stocks.

L’auditeur pourra  procéder au contrôle de ces données de gestion sur la demande du responsable de la fonction approvisionnement.

  1. Audit opérationnel des approvisionnements 

La gestion courante des approvisionnements pose les questions suivantes :

  • Le moment et la quantité de la commande ;
  • Le choix du fournisseur ;
  • Contrôler la bonne exécution des achats ;
  • Contrôler les réceptions.
    • Le moment et la quantité de la commande 

Pour déterminer la date pertinente de commande, il faut prendre en considération outre la quantité en stock et les consommations mensuelles, les délais de livraison (qui permettront d’évaluer le montant de stocks minimum qui doit couvrir la consommation jusqu’à la date de livraison), les quantités restant à livrer sur des commandes antérieures et les stocks de réserve.

La synthèse de ces contraintes peut être effectuée à partir des feuilles de situation des stocks. L’auditeur les examinera de manière exhaustive pour une période d’un mois ou moins. Pour les cas particuliers, l’auditeur examinera les fiches sur un an (stocks excessifs ou ruptures de stocks).

  • Le choix du fournisseur 

Les articles de consommation importante peuvent faire l’objet d’appels d’offre. Il reste que le choix s’arrête souvent au fournisseur qui offre une plus grande valeur ajoutée, c’est-à-dire que celui-ci possède les conditions les plus intéressantes en matière de rapports qualité/prix, durée de livraison, avantages éventuellement accordés… Etc.

Les marchés d’approvisionnement doivent être renouvelés à intervalles réguliers pour ne pas laisser passer de meilleures opportunités avec des nouveaux fournisseurs.

Pour les articles qui ne sont pas de grande utilisation, les comparaisons entre les informations disponibles aux services achats peuvent déterminer quel est le fournisseur le plus avantageux en fonction des critères de sélection choisis.

  • Contrôler la bonne exécution des achats 

Indépendamment des contraintes de qualité et de sécurité, l’auditeur interne peut apprécier le choix du service d’achats sur le rythme des commandes (qui doit être ajusté aux prévisions de consommation), le coût des commandes par fournisseur (en étudiant la chaîne constitutive du coût de la production à la distribution) et enfin, les conditions de paiement (comparer les coûts de crédits fournisseurs entre eux par rapport au coût moyen des crédits obtenus par l’entreprise ou à ses possibilités de placement.

  • Le contrôle des réceptions 

L’auditeur apprécie l’application des étapes de la procédure de réception des marchandises en qualité et en quantité :

  • Réception quantitative par le magasinier qui effectuera les comptages, pesées et mesures ;
  • Réception qualitative par un spécialiste qui porte sur les caractéristiques physiques de la marchandise ;
  • Enregistrement en comptabilité de matière et avertissement des services demandeurs ;

Le contrôle des achats permet le suivi et la résolution des litiges qui peuvent survenir avec les fournisseurs à propos des délais de livraison, quantité ou qualité des marchandises livrées… Etc.

  1. Audit de la production

La production est l’activité socialement organisée, destinée à créer des biens et des services à partir de facteurs de production acquis sur le marché[23].

L’audit de production pour une acquisition, un projet de transfert industriel ou la réorganisation de l’outil industriel nécessite d’avoir un état des lieux clair et objectif de l’organisation de l’entreprise.

  1. L’audit comptable de la production

L’audit comptable de la production concerne les chiffres fournis par la comptabilité analytique, les budgets d’investissement et de production et les statistiques de fabrication.

  • Coût de revient de production 

Un bon écoulement du produit fabriqué implique un coût de revient qui tend à se réduire.

L’auditeur s’attachera à étudier les données de la comptabilité analytique en étudiant les circuits matières, les méthodes d’imputation, les standards et les rendements par atelier.

L’auditeur pourra ainsi vérifier – pour une période donnée – l’exactitude des bilans matières (quantités de matières consommées et quantités de produits fabriqués) et les rendements matières (en recoupant les variations des stocks et les productions des ateliers en amont et les consommations des ateliers en aval).

La valorisation des coûts partiels (consommation des matières, de produits semi-finis, coûts de fabrication et de distribution) pose un problème dans la mesure où des charges indirectes doivent être prises en compte dans la détermination du coût de revient. Le bon choix de la méthode d’imputation de ces charges est donc primordial.

Au niveau des coûts de production, l’auditeur vérifiera les résultats analytiques tels que[24] :

  • Les rendements matières et valeurs par atelier, comparés aux normes de fabrication ;
  • Les déchets et rebus en quantités et valeurs ;
  • Les écarts en quantités et valeurs entre les coûts réels et les coûts préétablis ;
  • L’imputation des coûts (clés de répartitions, centres de charges… Etc.).

  • Les budgets d’investissement et de production

L’auditeur doit recommander l’établissement d’un budget de production subdivisant les charges à la fois par nature et par destination. Cette présentation fournit un moyen d’obtenir une cohérence au moment de l’établissement du budget et permet la comparaison avec les résultats réels tant en comptabilité analytique que générale.

Le budget d’investissement sera soumis à des contrôles spécifiques, l’application de la procédure de sélection des investissements sera vérifiée. Des contrôles sur les budgets réalisés en collaboration avec les services techniques et financiers seront faits selon la fréquence des investissements.

  • Les statistiques de production

Ces statistiques sont utilisées par les directions afin de suivre l’activité de leurs services. La gestion à court terme de la production est déterminée par la qualité de ces statistiques.

Il s’agit des statistiques relatives au personnel (présence, heures supplémentaires, rendement par catégorie), au matériel (taux d’utilisation, fréquence d’avaries, consommations énergétiques) ou encore des statistiques relatives au processus de fabrication lui-même, à savoir les matières et les fournitures consommées, déchets et rebus, états d’avancement des réalisations, contrôles de qualité… Etc.

L’auditeur doit apprécier la validité de ces informations et leur bonne interprétation ainsi que les critères d’application du raisonnement statistique.

  1. L’audit opérationnel de la production

 

  • Le planning de production

Les services techniques sont dans l’obligation de produire au moindre coût tout en tenant compte des prévisions de vente d’un coté et des possibilités de l’entreprise en matière de main d’œuvre disponible et de surface de stockage de l’autre.

De plus, l’utilisation optimale des équipements de production entraîne des charges fixes qui vont augmenter les coûts.

Il faut donc tenir compte des fluctuations des ventes et de la spécificité de production de chaque produit en main d’œuvre et en équipement.

L’auditeur vérifie les méthodes d’établissement des plannings de production. Ceux-ci doivent au minimum faire ressortir les prévisions mensuelles d’activité (par unité, pour chaque section de production), les prévisions de fabrication pour chaque produit.

La cohérence du budget doit être vérifiée par rapport au programme d’approvisionnement et aux goulots d’étranglement qui peuvent s’y produire, aux possibilités d’emploi de la main d’œuvre, aux capacités de production et aux possibilités de vente et de stockage.

  • Le choix des méthodes de fabrication

Compte tenu des caractéristiques propres à l’entreprise, l’auditeur interne s’assurera que les calculs relatifs à la méthode optimale de production sont effectués de façon formelle.

  • L’entretien du matériel de production

C’est une activité nécessaire car le coût d’une interruption de production peut être considérable.

L’auditeur apprécie la régularité et le sérieux des inspections techniques et le remplacement périodique du matériel dont les frais d’entretien sont trop élevés.

  • Audit de la fonction commerciale

La fonction commerciale est le seul centre de recettes dans l’entreprise. Elle est une fonction vitale et occupe une place primordiale au sein de chaque entreprise. En effet, cette fonction a pour principale mission de répondre aux besoins et exigences externes en offrant les produits demandés au meilleur prix, avec la qualité requise et dans les délais convenus afin de satisfaire les besoins des clients et assurer le suivi du recouvrement[25].

Pour réaliser sa mission, la fonction commerciale a besoin de se doter de moyens humains, matériels et financiers nécessaires à son fonctionnement. De plus, elle se caractérise par une organisation particulière lui permettant d’agencer les moyens mis à sa disposition et de structurer ses relations avec les autres unités de l’entreprise. De ce fait, une attention particulière doit être adressée à cette fonction et plus spécialement au cycle ventes – clients. Ce dernier englobe le circuit de vente, depuis la passation de la commande par le client jusqu’au recouvrement de la créance.
Ainsi, l’auditeur doit être en mesure d’émettre une opinion sur l’efficacité du fonctionnement du cycle des ventes. Pour ce faire, et comme tout travail d’auditeur, son travail se structure en trois phases à savoir la phase de préparation pour assimiler les particularités du cycle ventes – clients, la phase de réalisation et la phase de conclusion.

Quelles que soient les diligences de l’auditeur, l’accroissement des risques, la montée des exigences de la clientèle et des forces concurrentielles, celui-ci est obligé de mettre à jour continuellement la démarche qu’il adopte pour évaluer n’importe quel système de contrôle interne.

  1. L’audit comptable des ventes 

Cet audit permet de mettre à jour des lacunes fréquentes telles que des ventes à perte de certains produits, le non-règlement ou règlement tardif des clients, absence de comptabilité de certaines ventes.

Un examen de la sincérité et de la régularité de la comptabilité générale est nécessaire et porte principalement sur les comptes clients et les comptes s’y rattachant (provisions pour dépréciation, taxes récupérables, ristournes, rabais et remises à accorder, factures à établir, produits comptabilisés d’avance et les comptes de charges et de produits).

  • L’analyse des frais de distribution

La mission de l’auditeur consiste à vérifier –par sondage- que la ventilation des chiffres d’affaires par famille de produits est correcte. Pour ce faire, il examine un certain nombre de factures et l’enregistrement comptable des différentes rubriques qu’elles mouvementent.

L’auditeur vérifie également que le choix des produits constituant une famille de produits est pertinent, et qu’il permet d’y rattacher les coûts spécifiques.

A la ventilation des chiffres d’affaires se rattache l’imputation des frais de distribution. Il appartient a l’auditeur d’apprécier la pertinence du choix des clés de répartition pour définir une base d’imputation détaillée et spécifique par produit, ce qui évitera que les produits les plus vendus ne supportent le plus de frais même si ces derniers concernent d’autres produits.

  • Le contrôle budgétaire des ventes

Les prévisions de vente sont le point de départ de la procédure budgétaire. En effet, d’elles dépend le programme de production.

Il s’agit donc d’apprécier les méthodes de prévision, les quantités et les valeurs prévues.

Les prévisions de vente se font par la confrontation de résultats empiriques et d’études de marché (évolution des parts de marché en conséquence de la stratégie marketing adoptée, impact de la publicité).

Selon les prévisions de vente, des prévisions de distribution spécifiques pour chaque produit sont établies. L’auditeur contrôlera particulièrement le budget marketing pour déterminer si son utilisation est conforme à son objet et le résultat obtenu par la publicité sur le développement des ventes.

  • Les statistiques commerciales

L’auditeur apprécie l’exactitude des statistiques commerciales qui peuvent être regroupées en quatre groupes :

  • Ventilation du chiffre d’affaires par produits, clientèle, régions, canal de distribution, mode de paiement… Etc.
  • Connaissance de la clientèle : chiffre d’affaires par client et par produit, nombre de nouveaux clients ou de clients perdus… Etc.
  • Connaissance du réseau de vente : nombre de clients par agent, chiffre d’affaires par agent… Etc.
  • Données de gestion courante : carnet de commandes, délai moyen de paiement… Etc.

  1. L’audit opérationnel des ventes

L’auditeur doit apprécier la rapidité et la pertinence de l’adaptation de la fonction commerciale à l’évolution de l’environnement de l’entreprise. Pour ce faire, il aura à évaluer les domaines suivants :

  • Administration du personnel de vente : étudier les modalités d’embauche, de rémunération et sa conséquence sur le rendement des travailleurs ainsi que la formation.
  • Les outils de vente : tous les documents concernant le client (désignation, caractéristiques, factures) et les produits en vente (modèle de contrat de vente, catalogue, argumentaire de vente, prospectus, tarifs, réductions commerciales… Etc.)
  • Les moyens promotionnels.
  1. L’audit de la trésorerie

L’audit des opérations de trésorerie n’est pas indépendant des autres opérations réalisées par l’entreprise. Ainsi, presque toutes les opérations relatives aux actifs, dettes, créances, produits et charges trouvent une traduction monétaire au niveau de la trésorerie. L’analyse du contrôle interne de ce module s’avère important.

L’audit de la trésorerie s’inscrit dans le contexte de la gestion financière. La trésorerie sera examinée sous l’angle de sa gestion courante, pour atteindre deux objectifs principaux : l’optimisation des résultats financiers et la réduction du risque de cessation de paiement.

  1. L’audit comptable de la trésorerie 

Un examen attentif des éléments comptables et le retraitement de certaines données aboutissent à la mesure de la trésorerie quotidienne et au contrôle des conditions bancaires.

  1. L’auditeur doit tout d’abord s’assurer que l’organisation des circuits recettes et dépenses qui aboutissent à la formation de la trésorerie est satisfaisante.
  2. Les circuits d’encaissement et de paiement : Il convient de mesurer le coût du crédit client qui dépend des modes de financement retenus, et des conditions matérielles telles que la remise en banque du chèque de paiement le jour de sa réception, la non déperdition en cas de recours aux virements, classement des effets de commerce par échéancier et surveillance des effets échus, respect des conditions de mobilisation des effets de commerce.

Pour les dépenses, l’objectif est d’utiliser dans les meilleures conditions le crédit fournisseur.

  1. L’analyse de la trésorerie disponible et de son évolution : ceci en se basant sur l’outil comptable, complété par les systèmes extra comptables qui actualisent les mouvements en cours et reconstituent la trésorerie effectivement disponible, en accord avec les conditions bancaires appliquées. Le suivi des remises de chèques et effets à l’encaissement, des émissions de chèques, enregistrement des virements émis et reçus, validité des mouvements divers (agios, commissions, intérêts… Etc.) permet à l’auditeur de s’assurer du bon fonctionnement des comptes.
  2. Le contrôle des conditions bancaires : Pour les comptes courants de l’entreprise, l’outil de contrôle principal est l’échelle d’intérêt remise par les banques qui doit être vérifiée au niveau des mouvements des comptes, les taux d’intérêt applicables et les frais annexes. Les opérations de financement particulières feront l’objet d’un contrôle spécifique.

Le contrôle des enregistrements comptables de la banque s’effectue à travers un document de rapprochement mensuel. Les échelles d’intérêt permettent de vérifier les dates de valeur effectivement retenues. L’auditeur vérifie le déroulement des opérations bancaires au regard des conditions normales ou convenues (taux d’intérêts appliqués aux soldes, en date de valeur, pour chaque type de financement, les commissions de mouvements qu’il convient de négocier avec la banque, les opérations d’escompte… Etc.)

  1. L’audit opérationnel de la trésorerie 

 

  • Les négociations avec les banques

Les banques et les établissements financiers étant de plus en plus spécialisés, il s’agira pour le trésorier de choisir la banque qui possède les caractéristiques techniques, juridiques et financières qui correspondent le mieux, non seulement aux besoins actuels de son entreprise mais en plus, qui sera la plus apte à assurer les besoins de financement futurs.

C’est en s’appuyant sur la situation financière de l’entreprise que le trésorier pourra négocier les conditions bancaires (taux, date de valeur et commission). Le choix de la meilleure solution résulte, pour le trésorier de la parfaite connaissance des besoins de son entreprise, et du rendement potentiel des diverses opérations pour la banque.

  • La gestion prévisionnelle de la trésorerie

Les prévisions à long terme, résultant des budgets d’investissement, production, frais généraux, ventes d’un coté et les dossiers de crédits à long et moyen terme de l’autre, s’appuient sur des hypothèses de rentabilité des investissements envisagés, d’évolution des niveaux de production et de coûts. Ils contribuent à définir une stratégie financière mais, de par leur nature, ne permettent pas la gestion courante de la trésorerie.

Ainsi, le trésorier doit compléter les informations comptables par l’analyse des principales échéances tant en encaissements qu’en dépenses.

Pour optimiser la gestion courante de la trésorerie, le trésorier devra établir un plan mensuel qui prendra en compte :

  • D’une part le classement entre les mouvements ordinaires et exceptionnels (acquisitions et cessions d’actifs, les produits et remboursements de dettes à long et moyen terme… Etc.) ;
  • D’autre part, ces prévisions, qui aboutissent à un total de recettes et dépenses, doivent pouvoir être comparées à la situation des actifs liquides (prêts à court terme créances réalisables) et au passif exigible ainsi qu’aux possibilités complémentaires de financement.

Les prévisions ainsi établies, peuvent être comparées aux mouvements réels de fonds tels que restitués par les enregistrements comptables.

L’analyse des écarts permettra une action en faveur des objectifs financiers tels que l’accélération des recouvrements des créances, l’utilisation des crédits fournisseurs et la réduction globale des besoins en fonds de roulement.

Tableau récapitulatif [26]

Audit des approvisionnements Audit de la production Audit de la fonction commerciale Audit de la trésorerie
Audit comptable -Le coût des approvisionnements

-Les systèmes budgétaires

-Les données statistiques

-Les critères de performance

-Coût de revient de production

-les budgets d’investissement et de production

-les statistiques de production

-L’analyse des frais de distribution

-Le contrôle budgétaire des ventes

-Les statistiques commerciales

-S’assurer que l’organisation de la trésorerie est satisfaisante

-Les circuits d’encaissement et de paiement

-L’analyse de la trésorerie disponible et de son évolution

-Le contrôle des conditions bancaires

Audit opérationnel -Le moment et la quantité de la commande

-Le choix du fournisseur

-Contrôler la bonne exécution des achats

-Le contrôle des réceptions

-le planning de production

-Le choix des méthodes de fabrication

-l’entretien du matériel de production

-Administration du personnel de vente

-Les outils de vente

-Les moyens promotionnels

-les négociations avec les banques

La gestion prévisionnelle de la trésorerie

Conclusion

L’audit comptable et l’audit opérationnel sont complémentaires. La pratique moderne tend à le reconnaître. Leurs spécificités restent cependant liées à la nature différente de leur objet, la comptabilité et ses productions pour l’un, les autres aspects de fonctionnement des organisations pour l’autre.

L’audit, dans son approche opérationnelle s’affirme désormais comme une composante indispensable de l’organisation par le dialogue qu’il instaure entre les différents agents impliqués par l’examen du fonctionnement de l’entreprise.

Des connaissances tout à la fois plus étendues et plus spécialisées deviennent nécessaires pour comprendre l’ensemble de ces aspects, cette exigence est reflétée par le haut niveau de compétence imposé aux auditeurs.

Bibliographie

  • BECOUR Jean-Charles, BOUQUIN Henri, Audit opérationnel efficacité, efficience ou sécurité 2 édition ECONOMICA 1996

  • KHE VALIN Gérard avec J-F. GAVANOU, C. GUTTMANN, J. LE VOURC’H-MEOUCHY, Controlor & Auditor, édition Dunod.

  • LASSI REDA, L’audit interne – Audit Opérationnel-, Editions Distributions Houma. 2005.

[1] BECOUR Jean-Charles, BOUQUIN Henri, Audit opérationnel efficacité, efficience ou sécurité 2 édition ECONOMICA 1996 P 13.

[2] BECOUR Jean-Charles, BOUQUIN Henri, Audit opérationnel efficacité, efficience ou sécurité 2 édition ECONOMICA 1996 P13.

[3] BECOUR Jean-Charles, BOUQUIN Henri, Audit opérationnel efficacité, efficience ou sécurité 2 édition ECONOMICA 1996 P13.

[4] BECOUR Jean-Charles, BOUQUIN Henri, Audit opérationnel efficacité, efficience ou sécurité 2 édition ECONOMICA 1996, p 6.

[5] KHELASSI Réda, audit interne -audit opérationnel- édition distribution Houma, 2005 P 95.

[6] BECOUR Jean-Charles, BOUQUIN Henri, Audit opérationnel efficacité, efficience ou sécurité, 2 édition, ECONOMICA 1996, P14.

[7] BECOUR Jean-Charles, BOUQUIN Henri, Audit opérationnel efficacité, efficience ou sécurité, 2édition, ECONOMICA 1996 P15.

[8] BECOUR Jean-Charles, BOUQUIN Henri, Audit opérationnel efficacité, efficience ou sécurité, 2 édition, ECONOMICA 1996 P15.

[9] BECOUR Jean-Charles, BOUQUIN Henri, Audit opérationnel efficacité, efficience ou sécurité, 2 édition, ECONOMICA 1996 P15.

[10] BECOUR Jean-Charles, BOUQUIN Henri, Audit opérationnel efficacité, efficience ou sécurité, 2 édition, ECONOMICA 1996 P 16.

[11] Sous la direction de Gérard VALIN avec J-F. GAVANOU, C. GUTTMANN, J. LE VOURC’H-MEOUCHY, Controlor & Auditor, Dunod P.170

[12] Sous la direction de Gérard VALIN avec J-F. GAVANOU, C. GUTTMANN, J. LE VOURC’H-MEOUCHY, Controlor & Auditor, Dunod P.170

[13]  Sous la direction de Gérard VALIN avec J-F. GAVANOU, C. GUTTMANN, J. LE VOURC’H-MEOUCHY, Controlor & Auditor, Dunod P.170

[14]  Sous la direction de Gérard VALIN avec J-F. GAVANOU, C. GUTTMANN, J. LE VOURC’H-MEOUCHY, Controlor & Auditor, Dunod P.172

[15] Risque inhérent : « la possibilité qu’une erreur se produise » (ISA 200) ;Sous la direction de Gérard VALIN avec J-F. GAVANOU, C. GUTTMANN, J. LE VOURC’H-MEOUCHY, Controlor & Auditor, Dunod P.167

[16] Sous la direction de Gérard VALIN avec J-F. GAVANOU, C. GUTTMANN, J. LE VOURC’H-MEOUCHY, Controlor & Auditor, Dunod P.172

[17] Sous la direction de Gérard VALIN avec J-F. GAVANOU, C. GUTTMANN, J. LE VOURC’H-MEOUCHY, Controlor & Auditor, Dunod P.172

[18] Risque de contrôle : « le risque qu’une erreur puisse survenir sans avoir été détectée et corrigée en temps voulu par une procédure de contrôle interne de l’entreprise » (ISA 200) ; Sous la direction de Gérard VALIN avec J-F. GAVANOU, C. GUTTMANN, J. LE VOURC’H-MEOUCHY, Controlor & Auditor, Dunod P.167

[19] Corroborer : Confirmer.

[20] Sous la direction de Gérard VALIN avec J-F. GAVANOU, C. GUTTMANN, J. LE VOURC’H-MEOUCHY, Controlor & Auditor, Dunod P.173

[21] KHELASSI REDA, L’audit interne – Audit Opérationnel- , Editions Distributions Houma, P.101.

[22] La logistique dans l’entreprise, revue commerce, décembre 1972, P.55

[23]  INSEE, TEF 1998/1999

[24] KHELASSI Reda, L’audit interne –AUDIT OPERATIONNEL-, éditon distribution houma, 2005, P. 112

[25] GUY BARNOUX, L’audit marketing, édition McGraw-Hill, 1990.

[26] KHELASSI Reda, L’audit interne –AUDIT OPERATIONNEL-, éditon distribution houma, 2005, P. 112

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