dimanche , 25 octobre 2020
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Entre bien marchand et patrimoine commun, l’eau au coeur des débats de l’économie de l’environnement

L’application des outils économiques traditionnels aux ressources en eau pose de nombreux problèmes aux économistes car, comme la plupart des ressources naturelles, celles-ci se prêtent mal aux échanges marchands, compte tenu d’un certain nombre de facteurs qui affectent leur usage et leur gestion. Malgré tout, depuis les années 1950, une littérature croissante est consacrée à l’économie de l’eau, attestant des problèmes aigus que la gestion de cette ressource pose sur le plan qualitatif comme quantitatif. Or, au lieu de considérer l’eau comme un actif spécifique (à la fois facteur de production, bien de consommation final, élément concourant à l’identité d’une communauté d’usagers, mais aussi support de vie des écosystèmes), les économistes ont entrepris de mobiliser les catégories de l’économie néoclassique et de requalifier certaines des caractéristiques non marchandes de l’eau dans les termes d’une économie basée sur le référentiel marchand. Cette entreprise a contribué, à l’échelle internationale, à la reconnaissance de l’eau comme « bien économique » (principe 4 de la déclaration de Dublin, 1992) et guide aujourd’hui nombre de programmes soutenus par les agences de développement et les bailleurs de fonds internationaux.
Pourtant, dès les années 1970, le droit international de l’environnement investit les ressources naturelles d’une autre dimension, en leur conférant un caractère patrimonial, parfois présenté comme le contrepoint de la dimension marchande. C’est d’ailleurs sous cet angle que les mouvements altermondialistes, en se référant à la notion de patrimoine, soulignent les dangers d’une vision purement marchande de l’eau…

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